CHAPTERS
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Le livre
Francais-mach11
1. L’époque barbare : construire un asile ou construire une illusion? (1824-1904)

"Seule l’asile peut guérir la folie". Dr Waddell (1849-1875)

Nous associons l’asile à toutes sortes de traitements barbares qui nous rappellent les cruautés d’une époque révolue. Les abus de l’ancien temps contrastent avec la psychiatrie brillante de l’ère moderne. Malheureusement, plusieurs associent toujours notre institution aux pratiques d’autrefois plutôt qu’à l’époque scientifique éclairée d’aujourd’hui. Le traitement des aliénés est devenu une des sciences les plus subtiles, ayant à sa base un humanisme compatissant.
(Dr Georges Hetherington, surintendant, Provincial Lunatic Asylum – Rapport annuel 1900 :15)

1. L’asile s’installe : illusion ou magie?


Le Nouveau-Brunswick, province atlantique sise à l’est du Québec, pourrait peut-être se vanter d’être le premier territoire en Amérique du Nord à posséder son institution psychiatrique. Est-ce le fruit du hasard si le premier asile nord-américain fut construit à Saint-Jean en 1836, un des bastions loyalistes du Canada, port de mer important, ville dont l’idéologie conservatrice n’est pas à démontrer? Cette ville portuaire a-t-elle déjà à cette époque une conception de ce qu’est la folie? Au début d’une ère industrielle florissante, veut-elle cacher certaines personnes, en particulier celles qui ne contribuent pas à l’économie de marché, qui pensent autrement ou agissent différemment?

Tout comme en Europe, ce sont les villes industrielles qui, les premières, institutionnalisent la folie, comme quoi cette dernière semble nuire au développement économique et ne rime pas bien avec capitalisme. En ce sens, se peut-il que la folie, l’oisiveté, la flânerie, constituent des obstacles à la modernité occidentale et qu’il faille cacher, enfermer les exclus? C’est ce que prétend Michel Foucault lorsqu’il qualifie cette époque de « grand enfermement ». Roger Gentil fait écho à cette observation quand il écrit : « La société se purge de tous ceux qui ont glissé hors du monde du produire et du consommer » (St-Amand 85: 65).
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2. «Qu’ils aient ma mort sur la conscience» Le cauchemar de Mary et de Stephen
Peut-on évaluer le degré de prise en charge des personnes affectées par des problèmes psychiatriques au XIXe siècle en nous basant sur les données présentées au premier chapitre? Peu d’évidence ressort à l’effet que les personnes enfermées en institution psychiatrique se soient révoltées ou aient eu recours à des approches subversives afin de s’opposer aux traitements reçus. Leurs expériences demeurent en grande partie étouffées par une institution qui, de toute évidence, se donne bonne conscience. Les souffrances des personnes admises restent donc, pour la plupart, oubliées. Il existe donc peu de moyens nous permettant d’évaluer les mouvements de revendication des psychiatrisés de l’époque.

Nous avons cependant retrouvé deux témoignages qui lancent un cri de douleur, de révolte même et qui suggèrent quelques lueurs d’espoir aux personnes ayant des problèmes de santé mentale au Nouveau-Brunswick. Nous rendons ici hommage à ces deux psychiatrisés, Stephen Inness et Mary Huestis Pengilly, qui ont séjourné en institution psychiatrique dans les années 1860-80. David Goss a retrouvé et publié la lettre que Stephen Inness écrivit à son employeur avant de se suicider (Goss : 1988). Pour sa part, Mary Huestis Pengilly est allée, en personne, présenter son journal au lieutenant-gouverneur du Nouveau-Brunswick ; Eugène LeBlanc a pu le retrouver dans les archives de la province. Voici leur histoire. EN LIRE PLUS
3. Époque « d’humanisme compatissant»
(1904-1980)
« Ce ne sont pas des êtres humains, ce sont des animaux. Il vaudrait mieux qu’ils soient morts. Et vous ne pouvez pas faire confiance à un seul d’entre eux, pas un seul»! Un employé ayant 25 années d’expérience, l’hôpital psychiatrique, 1945

Plusieurs faits marquent ce début de vingtième siècle : un changement de nom, un surintendant nouvellement entré en fonction et rempli de bonnes intentions, une ère qualifiée, selon le surintendant Hetherington, de science à toute épreuve et d’humanisme intense!

Ce chapitre tentera de déterminer jusqu’à quel point, depuis 1904, date du changement de nom d’« asile »
à « hôpital », les promesses de jours meilleurs se sont concrétisées. Ce troisième chapitre se terminera en 1980, date où nous pourrons constater une plus grande de la contestation de la psychiatrie asilaire et qui coïncide également avec un mouvement de psychiatrie communautaire plus qu’institutionnelle. Les quatrième, cinquième et sixième chapitres par ailleurs complèteront la partie historique de notre recherche.

3.1 Quelques dates importantes

1904

Le Dr James Anglin devient le cinquième surintendant et psychiatre en chef de l’institution. Son salaire annuel, de l’ordre de 5,000$ sera augmenté
à 6,000$ un an plus tard. Dès son arrivée, il fait démolir la haute clôture qui encercle l’institution. En plus, il ordonne d’enlever les chaînes et menottes aux patients. Sous sa direction, on compte jusqu’à 1500 personnes hospitalisées en même temps dans l’institution (Stewart : 113). Soixante-dix ans plus tôt, on avait estimé le nombre d’aliénés dans la province à 50 et l’asile avait été construit pour en soigner 80. Est-ce un signe de son grand succès ou de ses visées de plus en plus expansives ?

Le rapport annuel souligne qu’une très grande partie des personnes sont admises sans qu’on connaisse leur vécu ni le contexte dans lequel elles sont envoyées
à l’Hôpital provincial. EN LIRE PLUS
4. Le Centre hospitalier Restigouche : des soins vétérinaires pour patients francophones !(1954-2008)
"Quand j’suis malade, j’suis pas bilingue".

L’objectif de ce chapitre est d’étudier de plus près la situation de la psychiatrie au nord de la province et de voir comment le nouvel hôpital psychiatrique vient régler, peut-être, les problèmes auxquels la province fait face à compter du milieu du vingtième siècle en particulier. Rappelons que cette institution est construite suite à une recommandation de la Commission d’enquête Baxter qui suggérait de construire un nouvel hôpital psychiatrique au nord de la province.


Dès le départ, le mandat de cet établissement est double et porte à confusion : cet hôpital psychiatrique est-il construit pour soigner les francophones de la province ou doit-il accueillir les résidents du nord de la province, qu’ils soient francophones ou anglophones? Quoi qu’il en soit, la composition du personnel soignant et de l’administration de l’institution cause, dès le départ et pour longtemps, un problème sur le plan de la langue : plusieurs employés sont unilingues anglophones. En plus, le surintendant R. C. Eaton, de même que l’infirmière en chef Leslie Gaull, sont tous deux unilingues anglophones. Autre situation inacceptable: pendant de nombreuses années, tous les psychiatres sont également unilingues (Stewart : 114).

4.1 Quelques dates

1954
Ouverture de l’Hôpital psychiatrique de Campbellton, appelé plus tard Centre Hospitalier Restigouche. Il s’agit d’une construction toute nouvelle, en bordure de la ville de Campbellton, aux pieds du mont Sugarloaf. Campbellton, ville de 10,000 habitants, est sise au cœur du comté de Restigouche. C’est dans cette région où la rivière Restigouche et la rivière Matapédia se joignent et forment le début de la Baie des Chaleurs.

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5. Une grande victoire? Les murs tombent ; l’espoir renaît
La fin d’une illusion : démolition de Centracare
(1985-1999)
Quel sont les résultats de 150 années de psychiatrie brillante et d’humanisme compatissant pour celles et ceux qui ont reçu des soins institutionnels et communautaires en santé mentale ? Selon les points de vue recueillis ici et d’après une perspective de clientèle, on pourrait résumer ainsi : une grande amertume, d’incroyables déceptions, des vies perdues, des espoirs déçus ! Dorénavant, les personnes qui reçoivent des soins psychiatriques, leurs familles et leurs amis exigent que le système de soins en santé mentale prenne une nouvelle orientation. Après tant d’abus, le gouvernement du Nouveau-Brunswick doit reconnaître qu’un système géré et contrôlé par la psychiatrie n’a pas à cœur l’intérêt des gens et ne réussit pas à soulager leurs souffrances.

Les bénéficiaires/survivants se doivent de participer à la conception de leurs soins en santé mentale, lesquels sont basés sur le respect mutuel et la compréhension de ceux qui ont vécu l’expérience de la maladie mentale. Une telle orientation mettra au premier plan un climat politique favorable à la défense des droits ; il amènera de meilleurs résultats et préviendra les abus et la négligence que les générations précédentes ont subis.

Le Nouveau-Brunswick semble maintenant disposé à passer à une autre étape dans sa façon de gérer les problèmes psychiatriques des gens en insistant davantage sur les personnes plutôt que les experts et les institutions. Voici les faits saillants qui ont mené à ce changement important au sein du système de santé mentale de la province. EN LIRE PLUS

6. Un rêve qui prend forme… (1987-2007)
« J’ai fait des rêves et j’ai fait des cauchemars ; j’ai surmonté mes cauchemars à cause de mes rêves. » Jonas Salk

6.1: Une place qui nous revient
L’espoir, c’est comme un chemin de campagne qui n’existe pas; quand les gens marchent, le chemin prend forme. Lin Yutang

Au milieu des années 1980, le gouvernement du Nouveau-Brunswick semble plus disposé à écouter les gens ayant vécu la psychiatrie. Il les encourage à créer leurs propres ressources et finalement, des ressources communautaires s’organisent partout dans la province. Une première de la sorte au Canada, cette initiative prévoit que, tant dans les régions rurales qu’urbaines, toute personne aura accès à des programmes d’entraide subventionnés par l’État.

Dans ce chapitre-ci et le prochain, nous expliquerons les conséquences de ces initiatives et les regrouperons en deux catégories : certaines initiatives d’envergure régionale, provinciale, nationale et même internationale (chapitre 6) ; dans le chapitre 7, nous relèverons plusieurs problèmes et défis qui ont été mis au grand jour et de nombreuses contradictions qui ont fait surface, reflétant les intérêts des institutions et professions en place.
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7. Sommes-nous des bénéficiaires de convenance?
"Ce n’est pas un honneur de se présenter comme consommateurs. Si vous n’êtes que consommateurs, alors vous ne valez pas grand-chose, car alors vous êtes entièrement dépendants des autres. Il me semble que nous devons tous être des acteurs autant que des consommateurs. Les gens qui sont étiquetés ont encore plus besoin d’être des acteurs plutôt que des consommateurs, afin d’avoir un peu de pouvoir". John L. McKnight: Our Voice / Notre Voix, #7, Octobre 1989, p.7


«Sans l'action, la vision de l'avenir n'est qu'un rêve.
Sans une vision de l'avenir, l'action ne sert qu'à passer le temps.
La vision de l'avenir conjuguée à l'action peut changer le monde».
Joel Arthur Baker



Selon les informations présentées au chapitre précédent en particulier, nous pouvons constater que les mouvements des psychiatrisés ont pour objectif :

de fonctionner de façon indépendante ;
de se distancer des ressources institutionnelles ;
de se centrer sur leur prise en charge, leur rétablissement ;
de mettre en place des initiatives pour contrôler leurs destinées personnelles et collectives ;
de rester fidèle aux principes d’entraide.

Nous avons aussi remarqué une autre force, opposée à la prise en charge, qui tente de reléguer à l’arrière plan et même de faire disparaître nos rêves d’autonomie et notre pouvoir de créativité. Il s’agit d’une conception pernicieuse des partenariats entre les systèmes officiels et les bénéficiaires/survivants visant à ce que nous collaborions avec les équipes professionnelles et participions au sein de conseils d’administration. Nous estimons que leur objectif réel est de nous manipuler, de nous contrôler en créant des partenariats illusoires.

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8. Deux mondes?
Pourquoi la société a-t-elle choisi un certain groupe de personnes qui pensent de manière étrange – c’est une façon de parler – et a décidé de leur donner des médicaments qui sont tellement puissants qu’ils ne peuvent plus penser et qu’ils ne seront jamais en mesure de prendre le contrôle de leurs vies ? C’est une question à laquelle il faudrait répondre et qui dénote comment les gens de la rue ont d’énormes préjugés face aux personnes ayant un problème psychiatrique. Stephen Stiles

Des commentaires riches ; des pistes remarquables

En préparant ce livre, nous avons demandé à sept personnes de répondre à quelques questions au sujet de la santé mentale. Ce qui ressort de ce sondage, c’est qu’il existe des convictions diverses et différents niveaux de sensibilisation concernant le mouvement des bénéficiaires-survivants en santé mentale. En effet, dans certains cas, les opinions varient, dans d’autres elles se confrontent ; on peut constater l’immense défi de changer nos structures lorsque les personnes considérées comme leaders dans la recherche de solutions et de pratiques alternatives expriment des opinions différentes sur des sujets qui leur tiennent à cœur. Les différentes prises de conscience reflètent un perpétuel débat au sein du mouvement des psychiatrisés. La question suivante pourrait résumer le degré d’engagement des gens: vaut-il mieux se contenter des opinions exprimées par notre système actuel et essayer de l’améliorer ou encore résister au modèle d’aide dans lequel les bénéficiaires/survivants sont placés ? Et entre les deux, y a-t-il place pour la médiation ?

Les sept personnes qui ont accepté de répondre à nos questions sont des intervenants crédibles du système de la santé mentale et/ou du mouvement des bénéficiaires / survivants. Nous présentons d’abord quelques notes biographiques à leur sujet ; voici donc, en ordre alphabétique, quelques informations au sujet des personnes interrogées. EN LIRE PLUS
9. Une célébration de l’esprit
L’âme n’aurait pas d’arc-en-ciel si les yeux n’avaient pas de larmes. Proverbe amérindien

Les écrivains, tant poètes, philosophes, que dramaturges réussissent à décrire ce que la plupart d’entre nous ne font que ressentir, tant dans la joie que dans la souffrance. Leurs écrits illuminent nos pensées, faisant ressortir ce que nous nous ne faisons qu’entrevoir ou imaginer. Leurs textes nous donnent la force et soulagent nos douleurs d’une façon que nous ne pouvons faire nous-mêmes. Lorsque je manque de courage, c’est à eux que je recours. Leurs écrits me donnent la sagesse, la volonté, la force de résister, l’énergie pour continuer de lutter. Helen Hayes

Camaraderie, Confiance, Détermination, Espoir
Imagination, Patience, Persévérance, Peur
Prévention, Soutien, Survie


9.1 La force de la résilience

Voici les termes qu’ont utilisés certains membres de la communauté des bénéficiaires/survivants pour décrire la résilience des gens lorsqu’ils doivent surmonter la maladie mentale et/ou la psychiatrie. La signification de ces mots a été l’élément moteur qui a servi d’inspiration à nos centres d’activités, à notre réseau, à notre revue et à ce livre ! L’esprit derrière ces termes était toutefois étouffé à l’époque ou nous étions traités comme des êtres sans âme, des objets. Puissions-nous nous souvenir de ces mots lorsque nous devrons surmonter des obstacles et puissent ces mots nous aider à réaliser nos rêves de devenir de véritables citoyens du monde ! EN LIRE PLUS

10. Patients? Survivants? Citoyens?
Une grande majorité des services communautaires est composée de professionnels qui pratiquent, sous la tutelle d’une psychiatrie coûteuse, hors des murs des hôpitaux et à l’intérieur de résidences! Il faut bien plus que ceci pour les appeler «alternatifs»! (Eugène LeBlanc 1992 :2)

À la suite des faits présentés dans les chapitres précédents, peut-on déterminer quel rôle ont joué les survivants, tant dans l’institution psychiatrique que dans la communauté? Quelle voix, quelle influence ont-ils eues? Que dégager de plus de cent quatre-vingt-cinq ans d’histoire de l’asile? Comment lire l’histoire des institutions en nous basant sur les quelques témoignages que nous avons retrouvés? Voici les questions qui ont inspiré l’écriture de ce chapitre. Nous tenterons d’y mettre en valeur les souffrances que l’institution a fait subir aux gens et le courage des personnes qui en ont été victimes ; enfin, nous mettrons en évidence quelques stratégies de débrouillardise qui s’en dégagent.

10.1 Ce que l’histoire illustre
Le retour historique effectué au cours des sept chapitres précédents nous permet de dégager certaines réflexions qui nous semblent importantes pour comprendre comment les personnes ayant eu des problèmes psychiatriques ont été traitées au Nouveau-Brunswick. Nous situons à quatre niveaux nos questions : l’admission, l’usage de l’institution, les soins reçus et finalement la prise en charge par les personnes psychiatrisées grâce à des pratiques de reprise de pouvoir. EN LIRE PLUS
Conclusion: une société sans asile?

Les barreaux de la prison ne sont plus mais les barreaux invisibles existent toujours. (Une personne stigmatisée)

Pour nous qui avons été dépouillés de nos droits, c’est une expérience humiliante, brutale. Certains ne s’en remettent jamais puisque l’expérience d’avoir été enfermés et traités comme des animaux est traumatisante; tout comme eux, qui ont souffert d’abus, nous ne pouvons dorénavant faire confiance. Nous sommes constamment en train de regarder par-dessus notre épaule; nous ne nous voyons pas comme des humains mais comme des objets, à la merci de ceux qui exercent leur pouvoir sur nous. Voilà pourquoi nous devenons marginalisés. Nous décrochons d’une société qui ne nous comprend pas, qui continue de vivre avec l’illusion que tous sont protégés dans leurs droits de travailler, d’aimer, de cheminer sans encombre, et qui ne prennent pas conscience de cette liberté qui nous a été volée. (Ronald Carten 2006 : 13)

Il ressort de notre étude que, dans bien des cas, les soi-disant ressources en santé mentale interviennent sans tenir compte de l’opinion, de l’expérience et de l’expertise des personnes qu’elles traitent. Elles possèdent le savoir, elles jouissent de privilèges, elles ont les budgets. En fin de compte, quels sont les résultats? Qu’est-ce qu’il a accompli en cent quatre-vingt-cinq ans de pratiques, tant asilaires que communautaires, au Nouveau-Brunswick?

Nous pourrions conclure que le système a servi bien plus aux professionnels et aux communautés qu’aux personnes souffrantes. Souvent, c’est aux dépens des personnes psychiatrisées que tout se joue. Par ailleurs, lorsque ces dernières prennent la parole, elles privilégient des façons de penser et de faire différentes, opposées même à celles que proposent les professionnels.

Dans ce chapitre, nous proposons quelques changements à divers niveaux qui pourraient aider les survivants dans leur quête de pratiques qui répondent à leurs besoins.
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